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  • Andrea Arciniegas

Du sud au nord - Le parcours d'une famille immigrante

Mis à jour : avr. 27

Récit d'Andrea Arciniegas, originaire de la Colombie, établie au Canada depuis 2013 qui nous partage sa vision de la conciliation travail-famille de parents immigrants.

Pour des raisons d'authenticité, nous avons choisi de vous partager ce texte sans aucune révision orthographique. Dans le but de démontrer à quel point la maîtrise du français peut être excellente par personne désirant s'intégrer au pays d'adoption.


Bravo Andrea!

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Y aura-t-il de nombreuses fois dans la vie où nous nous demandons où nous allons? Où voulons-nous aller? Que voulons-nous atteindre? Et quel est le sens que nous lui donnons. À la recherche de cette réponse, j'ai trouvé l'amour, et comme un seul, nous nous sommes embarqués dans le grand voyage de nos vies. À l'inconnu, à ce qui serait sûrement ou non notre nouvelle chez nous. Et léger des bagages mais avec beaucoup de rêves nous sommes arrivés au Canada.


Les peurs, l'ignorance de la culture et la faible connaissance du français sont devenues notre force, ces moments de difficulté nous ont rendus plus forts, les moments où nous avons reçu un non pour réponse nous ont fait persévérer, mais ce n'est que lorsque nous avons eu nos enfants que nous avons trouvé la vraie réponse: cela vaut la peine de rêver et de se battre pour réaliser nos rêves.


Faire notre famille loin, c'est souvent se sentir seul. C'est vouloir aller au cinéma et ne pas avoir personne qui propose de s'occuper de vos petits. C'est voir comment beaucoup de mamans s'appuient sur leur mère, c’est voir comment vos amis vont avec leurs enfants pour manger chez papi et mamie et c'est là que nos cœurs nous font un peu mal à cause de l'envie. C'est imaginer à quel point ce serait incroyable pour vos enfants de grandir avec leurs grands-parents ou leurs oncles à proximité. C'est ressentir chaque dimanche avec une profonde mélancolie pour les repas en famille devenus désormais des repas pour deux adultes et deux enfants.


On se sent d'un pied ici et d'un autre là-bas même si plusieurs années se sont écoulées depuis notre départ. Si la maternité en elle-même peut être un travail beau mais difficile, être mère étrangère est doublement difficile et doublement solitaire. Cependant, c'est aussi pouvoir se sentir extrêmement fier de soi. Parce qu’on fait le travail que la plupart des gens font avec de l'aide, parce que vous avez su faire en sorte que vos enfants ne manquent jamais d'amour et que vous et votre mari ayez une relation solide.


Car heureusement vous avez une communauté prête à vous aider, des ressources qui vous permettent de jouir d'une certaine liberté, des employeurs à qui vous ne devriez pas donner des milliers d'explications si vous devez être absent ou que si votre enfant tombe malade ils vous comprendront, parce que vous pouvez profiter de la flexibilité des horaires. Parce que ce qui compte, c'est votre bien-être. Pouvoir maintenir un équilibre entre notre carrière professionnelle et familiale, c'est pouvoir accéder à l'emploi dont nous rêvons sans avoir à penser que notre situation familiale est un élément qui affecte la possibilité d'y accéder.


Parce que vous avez su créer un réseau d'amis qui sont devenus une famille. Parce que même si cela vous a coûté du temps et du travail.


Parce que vous, vous ne savez pas vous battre, vous avez une force énorme qui vient de votre cœur et plein d'un immense amour assez pour couvrir toute une ville. Parce que nous voyons chaque jour sans aucun doute les fruits que nous avons semés avec effort et dévouement. Nous savons que nos enfants auront plus d'opportunités, ils pourront rêver et persévérer.

Et ils pourront voler aussi haut qu'ils le voudront, parce que nous leur avons montré le nord, le vrai nord.


Andrea Arciniegas


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